PRO NICOD

La genèse
Par Jean-Louis Nicod

La famille Nicod, aujourd’hui bourgeoise d’Assens (Malapalud), VD, est originaire de Vaux, près de St Claude dans le Jura français.

Le premier document que nous possédons sur elle est la copie notariée des lettres de franchise que lui accorda le 10 septembre 1530 Pierre de la Baume, évêque et prince de Genève.

La famille se compose à ce moment de Jean, de son frère Claude, de sa sœur Jehanne, épouse de Jean Allemand avec leurs deux fils Pierre et Claude, de leur cousin Jean Nicod avec son épouse Anthoine.

Leurs père et oncle s’étaient trouvés “délaissés jeunes et moindres d’années, dépourvus de tuteur et gouverneur” par la mort de leur parents au cours d’une épidémie de peste probablement. De ce fait, ils s’étaient trouvés en “mainmortable condition”, tout en étant en situation assez aisée puisque Jean put se consacrer aux armes au service de Charles Quint, Claude devenir Docteur “en l’un et l’autre droit”.

A l’époque, il est dit de Jean que “ayant dès son jeune âge, et sont passés 20 ans, s’est du tout expérité au service de la Sacrée Majesté de l’Empereur auquel il a continuellement demeuré tant es païs d’Italie, d’Espagne, Allemagne, France que autres… en état de capitaine”.

Les lettres de franchise déclarent que leurs “père, ayeul et bisayeul et autres prédécesseurs fussent toujours francs et de franche condition, sans être taillables, entachés d’aucune macule de servile et mainmortable condition, ains seulement étaient nos sujets en toute justice et juridiction, chargez envers nos prédécesseurs… d’aucune cens ou servits annuels”.

Le 24 décembre 1530, Catherin du Tertre, grand prieur du monastère de St Oyant de Joux confirme les franchises rétablies par l’Evêque de Genève. Il y est d’ailleurs incité par une lettre que lui a adressée Charles Quint le 16 novembre 1530 qui se loue des bons services de Jean capitaine qu’il nomme “Gentilhomme de notre Hôtel”.

L’Empereur avait d’ailleurs averti l’Evêque Pierre de la Baume “des bons et grands services que le dit Jean Nicod luy avait fait en l’état de capitaine ayant charge de gens de guerre… spécialement au pays d’Italie à son heureux couronnement qu’il y a été fait au mois de janvier dernier passé: en quoy il aurait fait si bon pourtement et s’était si honestement acquité qu’il aurait mérité grande faveur et reconnaissance”.

De son côté, Claude se distingue dans le droit au point que le 1er novembre 1533 Charles Quint lui accorde des lettres de noblesse valables pour toute sa famille et remontant à “quatre générations passés”.

Ces lettres nous apprennent que la famille possédait déjà des armes : d’azur à trois besants d’or posés deux et un, que l’Empereur enrichit au chef d’une aigle et couronne, d’un cimier fait d’un casque avec deux ailes noires portant les trois besants.

Qu’ont fait dans la suite ces “premiers parents”. Nous ne le savons pas. Mais le 8 octobre 1545 Louis le Rye évêque de Genève, confirme leurs franchises et traite Jean et Claude et toute leur famille de “nobles hommes”.

La famille est en partie au moins restée à Vaux et y a fait la souche dont nous descendons. Mais sommes-nous issus de Jean ou de Claude, il est impossible de le préciser. En effet lors d’un effroyable incendie qui détruisit totalement St Claude en 1799, tout ce qui pourrait nous concerner a disparu

Notre filiation est cependant certaine, car les documents que nous possédons, copies notariées ou parchemins en sont la preuve indiscutable.

Des lettres de noblesse, une copie en traduction française est en notre possession depuis toujours, transmise qu’elle a été en mains de Marcel Nicod et de ses descendants; au moment de la Révolution française Maurice Nicod prêtre, frère de Marcel lui en parle.

Ces copies font penser que nous sommes issus d’une branche cadette, l’autre branche ayant subsisté en pays de France soit dans le Jura, soit jusqu’à Lons le Saunier et Dijon. C’est sans doute dans cette branche qu’a pu être faite l’acquisition de la lettre originale de Charles Quint, (magnifique parchemin enluminé) honorée de sa signature et de son grand sceau, découverte fortuitement à Lyon il y a quelques années, dans une bibliothèque dont un notaire était chargé de la vente et de la liquidation.

L’incendie de St Claude a détruit ce qui nous concerne. Pourtant il a été possible grâce au dépouillement de lettres et documents provenant de Marcel Nicod de remonter jusque vers la fin du XVIIe siècle.

Le dit Marcel, notre aïeul à tous, est venu s’installer à Echallens en 1770. Il aurait alors 24 ans et aurait laissé à Vaux sa femme et sa fille Marthe ainsi que son père Jean, qui était fils de Noël. Il acheta la bourgeoisie de Malapalud le 24 avril 1786, devenant ainsi citoyen de Berne le 9 mai suivant et de Fribourg le 5 décembre de la même année: le district d’Echallens était en effet à l’époque bailliage commun de Berne et de Fribourg. Son épouse étant décédée entre temps, il se remaria avec Marguerite Longchamp de Bottens et c’est de cette union que nous descendons tous

Les lettres de noblesse accordées par Charles Quint au Sr Claude Nicod, datent du 1er septembre 1533.

Ces lettres nous apprennent que la famille possédait déjà des armes : d’azur à trois besants d’or posés deux et un, que l’empereur enrichit au chef d’une aigle, d’un cimier fait d’un casque avec deux ailes portant les trois besants

HISTORIQUE

Cet historique a été préparé par Louis Nicod en novembre 2003.

Chapitre I - Marcel Nicod - L'ancêtre de la famille

L’ancêtre des Nicod provenant de la région d’Echallens est Marcel Nicod (1744-1809).

Originaire de Vaux-les-St-Claude, bourgeois de Malapalud (1786), il s’est installé en Suisse sauf erreur en 1770. Il logeait à l’Hôtel des Balances à Echallens. Par la suite, lui ou son fils y ont construit une belle demeure patricienne. Il gérait une compagnie de transports, en l’absence à l’époque de postes fédérales. Il a créé une cave dans un rocher près du Talent où étaient entreposés des fûts de vin, ce qui a donné naissance à un commerce de vin qui subsistait jusqu’à présent mais qui a été interrompu par le décès de Gérard Nicod, ancien député.

Marcel Nicod a eu une très importante descendance.

Signalons que Placide Nicod (1876-1953), à lui tout seul, a plus de trois cent descendants génétiques.

Chapitre II - Documents de famille

L’historique de la famille Nicod en France a été étudié par le Prof Jean-Louis Nicod et est consigné dans deux cahiers:

  • Famille Nicod, documents d’origine,
    et Pro Nicod, la genèse

Ces documents sont déposés aux Archives cantonales.

En date du 10 septembre 1530, des lettres de franchise en parchemin sont accordées par Monseigneur Pierre de La Baume, évêque et prince de Genève, à Jean Nicod et sa famille.

Les lettres de noblesse accordées par Charles Quint au Sr Claude Nicod, datent du ler septembre 1533.
Un exemplaire officiel se trouve à Vienne dans les Archives impériales.
Un autre exemplaire est en mains de Claude Nicod (branche aînée de Marcel).
En date du 8 août 1545 a été enregistrée une copie de lettre de mandement de Monseigneur Louis de Reye, évêque et prince de Genève et abbé des ville et terres de St-Claude obtenue par nobles Jean et Claude Nicod de St-Claude comme quoi leurs personnes et leurs biens sont déclarés francs et de franche condition et ne peuvent tomber dans la condition main mortable.

Chapitre III - Arbres généalogiques de la descendance

Deux arbres généalogiques de la descendance de Marcel Nicod ont été établis en 1978 et 2001 (tronc Alfred et tronc Gustave) par Jean-Louis Nicod et son fils Claude. Ils sont accompagnés de tableaux des alliés de la tribu. Ils sont déposés aux Archives cantonales et sont transcrits dans l’arbre généalogique de la famille

Chapitre IV - La Branche Marel Nicod

Placide Nicod était le descendant de Marcel Nicod (1744-1809), mais aussi de François Nicolas Longchamp (1733-1809), député en 1803, membre du Petit Conseil en 1805 (référence page 119 de l’ouvrage du Cercle Vaudois de généalogie sur le Grand Conseil vaudois de 1803 – Pierre-Yves Favez et Gilbert Marion).

La généalogie des ancêtres Nicod, Longchamp et Gottofrey a été préparé sur la base de recherches faites par Louis Nicod. Les indications sur la généalogie de la famille Chiffelle sont fragmentaires et obtenues soit par téléphone, soit lors d’ensevelissements de membres de la famille. Des recherches devraient être faites à Fribourg.

Louis Nicod possèdait un livre sur la généalogie des ancêtres Brazzola. La decendance de Donato et Louise Brazzola, beaux-parents de Placide, a été établie au 29 août 1998 à l’occasion d’une fête de famille.

Les documents concernant les recherches de Louis Nicod sont déposés aux Archives cantonales.

 

Chapitre V - Les ancêtres

Il est intéressant de signaler que Marcel Nicod était le beau-frère et le beau-père de François Nicolas Longchamp: par suite du mariage de Marcel Nicod en secondes noces avec Marguerite Longchamp (1766-1849), sœur de François Nicolas Longchamp par mariage de François Nicolas Longchamp avec Marthe Nicod (1764-1839), fille de Marcel Nicod et de sa première épouse, Marie Allemand (1770-1790).

D’autre part, il est à signaler que Maurice Nicod dit l’abbé (1754-1839), député de l’âge pour Bottens 1813, puis 1815, était le frère de Marcel Nicod (référence de l’ouvrage du Cercle Vaudois de généalogie, il avait dû fuir la Franche Comté dramatiquement. Grâce à sa force musculaire, il avait combattu l’agent qui le poursuivait pour l’arrêter et l’avait jeté du haut d’un pont. Réfugié en Suisse près de son frère Marcel, il acquiert la bourgeoisie de Malapalud. Comme ecclésiastique, il déclara être resté fidèle à ses voeux. Comme avocat, il défendit avec succès la commune de Malapalud contre la Ville de Lausanne et reçut en reconnaissance de celle-ci la bourgeoisie d’honneur. En retour, il offrit la cloche de l’école qui est encore utilisée.

François Nicolas Longchamp était propriétaire de l’ancien château de la famille Panchaud de Bottens. Il l’avait hérité de sa grand-mère Marie-Thérèse Panchaud née en 1707, femme de François Longchamp (1700-1770. Il a détruit la vieille bâtisse et en a utilisé les pierres pour construire sa belle demeure paysanne située rue du Château à Bottens. Elle subsiste toujours.

Placide Nicod y est né. Le domaine a été pendant quelques années la propriété de Charles Emmanuel Chiffelle. Il a été racheté par
Gustave Nicod sur la pression du doyen Longchamp, son domaine d’Echallens ayant été la proie des flammes. Marie Elisabeth Chiffelle, épouse de Gustave Nicod, était la nièce de Charles Emmanuel.

 

Chapitre VI - Personnalités marquantes

Auguste Nicod (1799-186l). Cet ancêtre, en plus de ses activités juridiques, politiques et professionnelles, gérait plusieurs domaines agricoles dans la région d’Echallens.

L’abbé Placide Longchamp (1800-1888) fils de François Nicolas Longchamp, était curé de Bottens, doyen du rectorat de St-Amédée. Ce fut une personnalité très importante. On lui doit la construction de l’église catholique de Bottens.

Placide Nicod (1876-1953) est considéré comme le chef de file des orthopédistes vaudois. On lui doit le développement de l’Hospice orthopédique de la Suisse romande. Il a grandement participé de 1905 à 1953 à l’essor de la Clinique Bois-Cerf, et cela grâce à sa réputation internationale pour le traitement des séquelles de paralysie infantile. Il a été le donateur des cloches de la Basilique Notre-Dame de Lausanne.

Jean-Louis Nicod (1896-1983), fils d’Henri, professeur d’anatomie pathologique a été un membre très influent de la Faculté de médecine.

François Nicod (1920-1987) a été l’instigateur du Statut des Catholiques accepté en votation populaire en 1970 et cela grâce à son esprit de synthèse, de justice et à ses bonnes relations avec les autorités protestantes et le Conseiller d’Etat Pradervand.

Louis Nicod (1912-2006) a été professeur d’orthopédie à la faculté de médecine de Lausanne et député de 1949 à 1953.  Il a été un des fondateurs du PDC Vaud.

Chapitre VII - Mythe ou réalité

En 2001, lors d’une réunion de la tribu Marcel Nicod à St-Claude, un invité français au courant de l’historique et de l’héraldique de la famille, nous a raconté que la famille Nicod, avant de s’installer à Vaux-les-St-Claude, habitait le Pays de Gex et dirigeait une entreprise de transport entre Lyon et Francfort (les soieries de Lyon étaient très prisées). Devant payer des redevances douanières importantes au souverain d’alors qui était le Comte de Genève, elle a modifié le parcours de ses chars en passant par St-Claude et La Cure. Quelques siècles plus tard, Marcel Nicod a préféré s’installer à Echallens.

Lettres de franchise

accordées par Monseigneur Pierre de la Baume évêque et prince de Genève a Jean Nicod et sa famille.
10 septembre 1530

Page de garde de l’extrait des lettres de franchise, en parchemin, accordées par Monseigneur de la Baume à Jean Nicod et sa famille le 10.9.1530. Cette copie notariée a été dressée par le notaire François Joseph Duparchy, de St Claude, le 24.11.1744, sur la base du double en parchemin produit par Claude Nicod de Vaux, parchemin entièrement rompu et déchiré par l’usure et l’ancienneté.

Pierre de la Baume, par la divine permission Évêque et Prince de Genève, (Abbé) commandataire et administrateur perpétuel des Abbayes et Monastères de Saint Ouyan de Joux, Moustier, Saint Jean Notre Dame de Pignerol et Saint Just de 5uzze, de l’ordre de Saint Benoist et dans Diocèses de Lyon, Langres, Thurin, à tous présents avenir salut. (Avons reçu la très) humble supplication et requête de Jean Nicod, autrement (dit) Poncin, natif de votre village de Vaux en notre terre du dit Saint Ouyan de Joux, notre homme et sujet à cause de notre dit Monastère, contenant que de grande ancienneté, ses pères, ayeul et bisayeul et autres prédécesseurs furent gens francs, et de franche condition, sans être taillables, entachés d’aucune macule de servile et mainmortable condition, mais étaient seulement nos sujets en toute Justice et Juridiction chargez envers nos prédécesseurs Abbés de notre dit Monastère, à cause dicelluy, d’aucune censes ou servits annuels, et semblablement (non obligés) de paver les Dixmes et autres redevances que gens de franche condition peuvent être tenus à leur Seigneur.

  • Etant donné que se sont passés trente ans, tant par le danger de peste qu’ils ont été au dit village de Vaux ;
  • (Etant donné que) les anciens titres et chatres du dit Jean Nicod, et de ses dits prédécesseurs ont été perdus ;
  • (Etant donné que) ses pères, oncles, délaissés jeunes et moindres d’an, dépourvus de tuteurs et gouverneur, au moyen de quoi ils sont devenus et enchus par telle manière, et comme indéfendus en la servile et mainmortable condition envers nous à cause de notre dit Monastère, comme les autres habitants du dit Vaux ses voisins pour tels ont été tenus, nommez et députez, comme ils sont encore de présent et n’ont pas le moyen, le dit Jean Nicod, ni ses personniers faire appavoir de leur franchises, sinon par la relation de plusieurs bons personnages qu’ils diront avoir, ainsi ouïr, tenir que telle en est la commune renommée. Or est que le dit Jean Nicod, -ayant dès son jeune âge, et sont passés vingt ans (depuis), s’est du tout expérité au Service de la Sacrée Majesté de l’Empereur auprès duquel il a continuellement demeuré tant en pays d’Italie, d’Espagne, Allemagne, France que d’autres en usant de l’art militaire en état de capitaine, ayant à nous conduite de gens de guerre, et entendait continuer son dit service à toujours de bien en mieuxdésirait avoir et obtenir de Nous déclaration et restitutions de ses dites anciennes franchises de ses dits prédécesseurs en cassant, annulant, abolissant tous serviles condition , macule de mainmorte enquelles lui ou ses dits prédécesseurs pourraient être enclus envers Nous à cause de notre dit Monastère, et qu’il fût restitué et rétabli en pleinière franchise et liberté, dont il Nous a très humblement supplié et requis ;
  • (Etant donné que) pour nous émouvoir (à ce sujet, Jean Nicod) nous a présenté lettres closes de Sa dite Majesté contenant témoignage de notre dit très cher aymez frère Messire Claude de la Baume, Chevalier Baron de Saint Sorlin, Monbelley, Chatenay et Maréchal de Bourgogne, qui nous a dit, et bien au long déclaré, sa charge, touchant ce que dessus, contenant comment Sa Majesté nous advertissait des bons et grands services que le dit Jean Nicod Luy avait fait au dit État de Capitaine, avant charge de gens de guerre es païs dessus nommés, spécialement au pais d’Italie à son heureux couronnement qu’il y a été fait au mois de janvier dernier passé, en quoy il avait fait si bon portement et s’était si honestement acquitez qu’il avoit mérité grande faveur et reconnaissance. C’est pourquoy Sa dite Majesté nous désiroit et nous requeroit maintenir, exempter, affranchir le dit Jean Nicod, avec ses frères et son cousin, et autres de sa famille, avec leurs meix, maisons et héritages qui se trouvent dépendants de notre directe Seigneurie en la dite servile mainmortable condition, et leur lever, oster, abolir et mettre à néants, fait et macule de mainmorte.

Surquoy après même délibération et avis de nos officiers en nôtre dit Monastère et terre du dit Saint Ouyan, FAISONS SAVOIR QUE, vues les dites lettres de crédance sur le contenu d’icelles considérant que les requêtes de Sa dite Majesté sont commandement, attendu mêmement que la première fondation, dottation, droits, privilèges et prérogat de notre dite Eglise, et les biens dénommés d’iceluy prouvenats, et sont prouvenus de Sa dite Majesté et de la largesse des Empereurs ses prédécesseurs; ayant égard que le dit Jean Nicod a mérité par son dit service et honeste gouvernement de la preuve desquels pour ce que nous en sommes dehuement certiorés et avertys : relever et relevons par celles-ci, avons de notre certaine science et propre mouvement et faveur de Sa dite Majesté pour nous, nos successeurs Abbez de nôtre dit Monastère, libérer, quitter, affranchir, et exempter, et par ces présentes manümetons, QUITONS, LIBERONS, AFFRANCHISSONS, EXEMPTONS LE DIT JEAN NICOD ALIAS PONCIN, CLAUDE NICOD SON FRERE, JEAN NICOD LEUR COUSIN, ANTHOINE SA FEMME, JEHANNE NICOD SOEUR DES DITTS, JEAN ET PIERRE ET CLAUDE FILS DE JEAN ALLEMAND SON MARY, DEMEURANT ET RESIDANT AU MEIX, MAISON ET FAMILLE DES DITS NICOD ENSEMBLE, ET AVEC LEURS ENFANTS, ET NATURELS ET LEGITIME NES ET A NAITRE ET TOUTE LEUR POSTERITE TE DE TOUTES TACHES, MACULE DE MAINMORTE ET SERVILE CONDITION ET LES AVONS CONSTITUEZ ET CONSTITUONS EN PLEINIERE ET ENTIERE LIBERTE ET FRANCHISE; ET LEUR DONNANT PLEIN POUVOIR ET ENTIERE PUISSANCE DE FAIRE TOUS ACTES DE JUSTICE, DE TOUS PRIVILEGES LIBERTEZ EXEMPTIONS QUE GENS FRANCS, ET DE FRANCHE CONDITION PEUVENT, ET ONT L’HABITUDE D’USER QUELQUE PART QUE CE SOIT, SANS CE QUE NOUS, OU DITS SUCCESSEURS PUISSIONS A JAMAIS A L’AVENIR AUCUNE CHOSE DEMANDER OU QUERELLER AUX DESSUS NOMMES NY AUX DESCENDANTS D’EUX A CAUSE DE LA DITE MAINMORTABLE CONDITION.

ET DE NOTRE PROPRE MOUVEMENT, ET EN FAVEUR ET CONSIDERATION QUE DESSUS AVONS EXEMPTES, QUITTES, MANUMIS ET AFFRANCHIS, ET PAR CES PRESENTES QUITTONS? MANUMETTONS, EXEMPTONS ET AFFRANCHISSONS, LES MEIX, MAISONS DES SUS NOMMES, A SAVOIR …

(suit le détail des biens-fonds
– maison paternelle assise dans Notre Village de Vaux et la grange contigüe;
– prés, champs et vergers sur l e territoire de Vaux, cinquante au total;
– moulin du village au territoire de Vaux appelé les Crosets ensemble et la yole, bassin et cours d’eau d’icelluy.)

LESQUELS MEIX, MAISONS ET HERITAGE DESSUS NOMMES ET CONFIRMES AVONS DE NOTRE CERTAINE SCIENCE DECLARES ET DECLARONS ETRE FRANCS ET DE FRANCHE CCNDITION, QUITES, IMMUNS, EXEMPTS DE NOTRE SERVILE ET MAINMORTABLE CONDITIONET DEUMEURENT ICEUX MAIS, MAISONS, PRETS, TERRES ET CONTENANCES, SOUS ET HORS DE NOTRE SEIGNEURIE ET JURIDICTION. TANT SEULEMENT CHARGEZ ET AFFECTEZ ENVERS NOUS ET NOS SUCCESSEURS ABBEZ DE NOTRE DIT MONASTERE ET A CAUSE D’ICELLUY, DES CENSES ET SERVITS Y RESERVES ET REDEVANCE PAIABLE A NOUS ET A NOS SUCCESSEURS, CU RECEVEURSET NOTRE GRAND CELLERIER DU DIT SAINT OUYAN

Et pourtant frants, quittes, immuns et exempts de toute servile condition, et mainmortable, lequel notre présent affranchissement et manumission, exemption, soumission de manière nous avons fait et faisons par celles-ci pour les causes et considérations dessus; au profit des dits Jean Nicod, ses frères, soeur, cousin et aultres familles, dessus nommés, ce qu’ils soient absents, et le dit Jean Nicod avec le dit notaire soubcript, notre Secrétaire, présents et ensemblement leur dite postérité nez et à naistre.

Et avons promis et promettons en bonne foy et parole de Prélat, mettant la main dextre à Nred. pect. et sous l’obligation et ypothèque de tous et singuliers nos biens, et ceux de notre dit Monastère conventuel présents et avenirs quelconques, avoir et tenir perpétuellement ferme stable et agréable par nous, et nos dits successeurs les déclaration, manumission, remission, abolition, affranchissement et exemption des susdits sans à jamais aller, ou venir au contraire directement ou indirectement en manière et façon que ce soit:

Et sur ce avons renoncéz et renoncons par celles-ci à toutes exceptions, déceptions, fraudes, cantelles, camillations que contre la theneur de celles-ci, pourroient être dites ou alléguées; mêmement au droit disant générale renonciation ne vaut si la spéciale ne précède.

En témoignage de vérité desquelles choses, et afin qu’elles demeurent en perpétuelle fermeté et observance, nous les avons soubscritz et même y avons fait apposer et mettre notre scel ablatial du dit Saint Oyan.

Que furent faits, et passées et louchées en nôtre prioré le dixième jour de septembre, l’an de Grâce mil cinq cents et trente en présence de notre révérend seigneur frère et de nos bien aimez Messire Jehan de Henay, enfermier de notre dit Monastère et Henry Girod curé de la Rixouze nos aulmoniers, et Georges Meynier de Pesmes, et Pierre Boudrand nos Escuyers et Serviteurs domestiques, et plusieurs autres témoins à ce requis.

Signez sur la grosse de la présente Pierre de la Baume, Evêque de Genève, Abbé de l’Abbaïe de Saint Ouyan de Joux; et pl plus bas par mon dit Seigneur “Varondel avec paraphe”.

Lettres de noblesse

Du … Claude Nicod , docteur es droits a luy accordées par l’empereur Carolus Quintus
1er novembre 1533

Parchemin original des lettres de noblesse de Claude Nicod, docteur es droits, accordées par l’Empereur Charles Quint le 1 novembre 1533.

Carolus V, par la divine Clémence Empereur Auguste des Romains et Roy de Germanie, des Espagnes, des deux Siciles, de Jérusalem, de Hongrie, de Dalmatie, de Croatie, des iles Baléares, de Sardaignes, des Isles fortunées et de celles des Indes, de la terre ferme et de la mer Océane: Archiduc d’Autriche ; Duc de Bourgogne, de Lorraine, du Brabant, de Lymbourg, de Luxembourg, des Gueltres, de Witemberg ; Comte de Hollande, de Flandres, du Tirol, d’Artois et de Bourgogne; Palatin de Hainaut , …, de Zélande, de Ferret, de Fribourg, d’Hannovre et de Zuphten; Landgrave d’Alsace, Marquis de Burgow et du St Empire romain, Prince de Souabe; Seigneur de Fribourg, de Moulins, de Salins, de Tripoli, de Malines, etc …. à honorable homme notre bien aimé et féal sujet et du St Empire, notre aimé CLAUDE NICOD, Docteur ès Droits, faveur de nôtre part, et toutes sortes de bien. C’est alors que la Majesté impériale, qui est élevée au-dessus de toutes les autres puissances, s’acquiert tout l’éclat de la vraye louange, quand elle accorde de justes récompenses et les honneurs qui sont dus à ceux qui s’en sont rendus dignes par leurs vertus et leur savoir, et qui sont dévoués à la Majesté Impériale avec un attachement, une fidélité et un zèle particulier.

Nous par conséquent, ayant égard aux vertus singulières dont vous êtes doué, à vos moeurs, votre probité, votre industrie, aux grandes connaissances et à l’érudition en l’un et l’autre Droit, dans lesquelles nous avons appris, par des rapports dignes de foy, que vous excellez; de même qu’à votre sincère fidélité et votre attachement à Nous et au St Empire Romain; et aux agréables services que vous êtes disposé de nous rendre à notre dit Empire: avons trouvé juste et à propos d’illustrer par notre faveur Impériale vos vertus susdites et vos services. C’est pourquoi de notre propre mouvement, certaine science, et pleine délibération, après avoir pris le conseil des Princes, Comtes, Barons, Grands personnages et autres nos bien aimés sujets et du dit Empire; par la plénitude de nôtre puissance Impériale, Nous vous avons fait, vous le dit CLAUDE NICOD, vos enfants de l’un et l’autre sexe qui sont nés déjà et qui naîtront en légitime mariage, leurs héritiers et descendants à perpétuité, vous avons établi et crée Nobles de Nous et du St Empire, et vous avons illustré des noms, degré, ordres, titres et marques de Noblesse, comme par la teneur des présentes; nous vous faisons, créons, établissons, élevons et illustrons, et selon la qualité de la condition humaine, nous vous disons et nommons Nobles et comme issus de noble race, et voulons que vous soyés estimés, dits, nommés et réputés pour tel, c’est à dire véritablement Nobles par toutes sortes de personnes de quelque condition, prééminence, état, degré et dignité qu’elles soient. Ordonnant et, par nostre présent Edit Impérial, commandant, que dans la suite, vous le dit CLAUDE, et vos dits successeurs, puissiés et deviés en tous lieux et tous pays soit en jugement ou dehors dans vos affaires spirituelles et temporelles, ecclésiastiques et profanes, quand mesme elles seraient telles qu’il fallit en faire mention spéciale dans les présentes, jouir et user de tous et chacun des privilèges, grâces, honneurs, dignités, offices, droits, libertés distinctions et exemptions dont les autres Nobles du St Empire Romain, nés et issus de quatre lignées paternelles et maternelles usent et jouissent et auxquelles ils sont admis et reçus de quelque manière que ce soit, de coutume ou de droit.

Et afin, que l’Etat de votre annoblissement ait plus d’éclat, des mesmes mouvement, science et conseil marqués cy dessus, non seulement nous avons trouvé apropos de confirmer et d’approuver vos armes qui sont un champ d’azur ayant trois boulles ou ronds, qu’on appelle ordinairement besant, de couleur d’or posés en triangle; mais encore de les orner et les annoblir de ce que nous y ajoutons : comme par la teneur des présentes, de notre autorité Impériale nous confirmons et approuvons, ornons et rendons plus nobles, y ajoutant au chef de (celle-ci), en un champ d’or ou de couleur jaune un aigle de sable dont… et les ailes étendues, les pieds écartés, le bec ouvert soit tourné en face et la langue avancée; et sur l’écu un casque fermé, couvert et orné de lambrequins de couleur d’azur et d’or, au dessus duquel, pour cimier, deux ailes de sable étendues et sur ces mêmes ailes chaque boulle ou besant et au dessus du casque entre les deux ailes, une troisième de couleur jaune ou d’or, comme elles sont rangées dans l’écu et peintes plus clairement au milieu des présentes lettres; ordonnons que dans la suite vous ayés et vous portiés pour marque de vôtre véritable noblesse, les armoiries cy dessus confirmées et augmentées en tous lieux et pays, en tous et chacun des actes honorables et convenables ou vous vous trouverez, dans les expéditions que vous ferez avec nous, dans le séjour de nos troupes, dans les tournois, jeux de lances, guerres, duels, combats singuliers, jeux sérieux ou de divertissement, et en toutes sortes de batailles, dans les enseignes, tentes, anneaux, cachets, tombeaux, monuments, édifices et tous actes de personnes nobles et généralement en toutes autres choses qui seront de votre volonté et que vous soyés habile et capable d’entrer et être reçu en toutes exemptions, liberté, privilèges royaux, droits juridictions, et jugements, ensemble, en vacation de charges de hautes et moyenne justice, récompenses , charges réelles personnelles ou mixtes de même tous droits et usages dont nos autres nobles, ceux du St Empire Romain et ceux qui sont issus de race noble et illustrés de pareils embellissements d’armoiries usent, jouissent et profitent sans empêchement ni contradiction de qui que ce soit non obstant toutes coutumes, statuts, privilèges incultes, présents et futurs qui pourraient faire en quelque manière contre cet annoblissement, confirmation, mélioration et augmentation d’armoiries et notre présente grâce, auxquels par les présentes lettres nous dérogeons expressement et voulons qu’il soit dérogé.

Qu’il ne soit donc licite à qui que ce soit d’enfreindre les présentes lettres de création, érection, confirmation, augmentation privilège et grâce particulière, ou de les contredire témérairement; que si aucun était assez présomptueux pour l’attenter, nous voulons qu’il encoure notre très grande indignation et celle de notre Empire, et de plus la peine de cinquante marcs d’or pour toutes les fois qu’il ferait quelque chose qui y soit contraire, applicable pour la moitié à notre fisc Impérial, l’autre moitié à la partie lésée.

En témoignage de ces lettres signées de notre main et munies de notre sceau Impérial.

Donné en notre ville de …le premier novembre l’an du Seigneur quinze cent trente trois, de notre Empire le quatorzième et dans nos Royaumes le dixhuitième.

Signé
Carolus V